Retour d’expérience : le booksprint “La Paix” – Anthologie numérique de textes sur le pacifisme

Les participants du booksprint au travail. Photo photo infoclio.ch)
Les participants du booksprint au travail. Photo photo infoclio.ch)

Pendant le Festival Histoire et Cité à Genève, j’ai pu participer à un booksprint, un évènement où un groupe de participants travaille ensemble pour éditer en peu de temps un livre.  Et dans ce cas précis, il s’agissait de la confection d’une anthologie de textes pacifistes, en lien avec le thème global du festival genevois: La Paix. C’était pour moi une première (même si j’ai pu voir au travail le groupe qui avait édité les non-actes du THATCamp Paris 2012) et j’ai beaucoup apprécié l’expérience.

La préparation au préalable

L’équipe de Infoclio.ch, portail suisse pour les sciences historiques, avait fait un travail considérable auparavant, pour établir un panel large de textes possibles, intégrant également des textes que les participants avaient suggérées au préalable.  Ces textes, en partie des scans de livres, en partie des textes pris sur internet, déjà numérisés en texte plein, furent partagés à l’aide d’une Dropbox commune.

La première matinée fut consacrée surtout à la présentation des textes. Chaque participant a ensuite choisi deux textes pour les accompagner tout au long du processus. Une fois la table des matières établie, nous pouvions nous mettre au travail pour de vrai.

Les différentes étapes du processus éditorial

Les bénévoles de la Bibliothèques numérique romande encadrent le booksprint. Photo infoclio.ch)
Les bénévoles de la Bibliothèques numérique romande encadrent le booksprint. Photo infoclio.ch)

Pendant tout le booksprint, nous étions accompagnés par l’équipe formidable de la Bibliothèque Numérique Romande. Avec leur aide, nous avons pu réaliser toutes les étapes nécessaires:

    • Scan des textes, avec calibrage des différents scanners pour obtenir le meilleur résultat possible, surtout sur des textes anciens/mal imprimés.

 

 

  • Amélioration des fichiers obtenus, utilisant le logiciel Scan Taylor (une découverte pour moi, d’habitude j’utilise imagemagick en ligne de commande)
  • Reconnaissance des caractères (ou OCR), dans ce cas avec ABBY PDF Transformer, pour obtenir un fichier html comportant le texte.
  • Établissement d’un première version du texte dans Microsoft Word, utilisant un modèle développé par la BNR
  • Nettoyage des textes (typographie, utilisant une série de macros dans Microsoft Word
  • Stylage du document (titres etc.)
  • deux relectures pour vérifier le texte final et chasser les erreurs d’OCR.
  • La conversion des fichiers obtenus – en occurrence avec une extension pour libreoffice qui permet de produire le format .epub, ensuite facilement transformable en .mobi avec le logiciel Calibre.

Le résultat final

Et à la fin, en deux jours et demi, on avait produit un livre qui est disponible au téléchargement et auquel on souhaite une large diffusion. C’est une expérience qui m’a  beaucoup plu et je réfléchis déjà à des contextes, notamment pédagogiques, qui pourraient se prêter à un format de booksprint.

Vous pouvez télécharger l’ebook produit lors du booksprint sur le site web d’Infoclio :

– en format .pdf, pour une lecture sur de très nombreuses plateformes

– en format ebook pour de nombreuses liseuses/tablettes

Affichage utilisant l'application Ebook Reader sur un smartphone sous Android
Affichage utilisant l’application Ebook Reader sur un smartphone sous Android

– en format .mobi pour les liseuses Kindle

Affichage dans un Kindle
Affichage dans un Kindle

Histoire et Cité. Les rencontres de Genève

Screenshot from 2015-05-12 20:13:55Une brève pour signaler à nos lecteurs le tenue du 13 au 16 mai 2015 des premières rencontres « Histoire et Cité » à Genève.

 

Tout un aspect du programme est centré sur les Digital Humanities, avec notamment un Salon spécifique, un booksprint pour éditer une anthologie de textes pacifistes, des séances de posters autour d’outils numériques, ainsi que des conférences et débats.

Nouvelles approches quantitatives en histoire et sciences sociales

Je relaie l’appel à candidature pour cet atelier doctoral, organisé par  François Dumasy (EFR), Michael Gasperoni (EFR), Silvia Sebastiani (EHESS) et Claire Zalc (CNRS), il aura lieu en octobre à l’École française de Rome :

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Atelier doctoral organisé à l’École française de Rome, les 6-9 octobre 2015 – Réception des candidatures jusqu’au 30 mai 2015

La Méditerranée : un laboratoire de l’histoire globale et des processus de globalisation – Session 2015 :

« Les nouvelles approches quantitatives en histoire et en sciences sociales« 

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Présentation : « Longtemps présente dans l’historiographie française des Annales, l’histoire quantitative a été longtemps assimilée à une histoire sérielle et principalement économique. Critiquée et repensée par la micro-histoire, renouvelée par les transformations des outils, notamment informatiques, elle a connu une profonde évolution de ses objets et ses méthodes et s’offre aujourd’hui comme une approche fructueuse de la recherche en histoire, mais aussi, au-delà, en sciences sociales. En proposant un ensemble d’instruments épistémologiques et techniques concernant aussi bien l’histoire économique que l’histoire sociale, culturelle, politique ou encore démographique, elle n’a cessé de s’alimenter du dialogue fécond avec les sciences sociales en général, qu’il s’agisse de la sociologie, de l’anthropologie, de l’économie ou des sciences politiques.« 

Objectifs de l’atelier, déroulement, condition de candidature, etc. :

cliquez ici.

Écriture connectée : le retour d’expérience de @peccadille

L’une des questions centrales qui se posent à toutes celles et ceux d’entre nous qui nous intéressons au « numérique » concerne les transformations pratiques, dans le quotidien des chercheurs, occasionnées par le développement des outils informatiques et des ressources numériques utiles à la recherche.

En effet, s’il est courant de parler de « révolution numérique », c’est souvent sous la forme de grandes déclarations tonitruantes (qui ne sont pas sans rappeler celle d’Emmanuel Le Roy Ladurie concernant les historiens programmeurs en 1967… on sait aujourd’hui ce qu’il en est advenu) ou de « success story » de projet informatiques lourds ou d’investissements considérables de chercheurs dans l’apprentissage et l’utilisation d’outils – dont je ne dément absolument pas l’utilité et le caractère parfois révolutionnaire bien sûr – mais dont la majorité des historiennes et historiens n’auront probablement pas besoin au cours de leur carrière… En tous cas ils et elles en sont persuadés et cela limite généralement les discussions autour du « numérique » à celles et ceux que cela intéresse a priori.

Dans ces conditions, il est difficile d’appréhender les transformations pratiques les plus diffuses du métier d’historien-ne autrement que par des retours d’expériences (voir ici et ), ou des petites enquêtes individuelles – telle que celle que j’ai lancée il y quelques jours (et à laquelle vous pouvez continuer de répondre!).

Johanna Daniel, que vous connaissez probablement sur Twitter sous le nom de Joh Peccadille, n’est pas seulement l’auteur de l’excellent blog Orion en aéroplane. Elle tient aussi depuis quelques mois un carnet de recherche : Isidore et Ganesh.

Dans un billet tout juste publié : « Écriture 2.0/connectée : retour sur la rédaction d’un mémoire« ,  elle vient d’apporter une nouvelle pierre à l’édifice qui nous permet de mieux comprendre ce que veut dire faire de la recherche à « l’ère numérique ». Auteure d’un mémoire qui, déjà, visait à étudier, comme son titre l’indique, « Les outils d’annotation et l’édition de corpus textuels pour la recherche en SHS« , elle revient ici en détail sur ses propres pratiques d’ « écriture connectée » et se pose quelques questions du type :

  • à quoi lui a servi Twitter ?
  • en quoi participer à un blog collectif « privé » puis tenir son propre carnet de recherche lui a-t-il été utile ?
  • quelles circulations entre « écriture papier » et « écriture numérique » ?
  • quels outils d’écriture / relecture collaborative a-t-elle mobilisé ? avec quels résultats ?

Vous l’aurez compris, je vous recommande vivement la lecture de ce billet très éclairant et stimulant. Il constitue un excellent témoignage des transformations du métier de chercheur, et une invitation à nous intéresser de plus près à ces mutations concrètes qui sont en mesure d’affecter toutes les pratiques historiennes, et non seulement celles des seuls « digital humanists« .

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Si le billet de @peccadille vous inspire et que vous souhaitez revenir de la même façons sur vos pratiques (avec photos de vos espaces de travail notamment – cela apporte beaucoup au billet) , n’hésitez pas à nous contacter, une publication sur La boîte à outils des historiens est tout à fait envisageable 😉

Le numérique un défi pour l’historiographie ?

Journées d’études organisée à l’EHESS par l’atelier « Recherches et pratiques historiographique » et coordonnées par Aurore Dumont et Pablo Aviles Flores :

Entre outil et culture. Le numérique un défi pour l’historiographie ?

Argument


 

« Cette double journée d’étude est inscrite sous le signe du numérique. Terme bien embarrassant, tant il semble ressortir moins du concept que de l’attrape-tout ; tant il pointe dans une triple direction, celle de la technologie, celle de l’outil et celle de la culture : tant il évoque assurément la langue française qui le préfère à ses concurrents anglo-saxons ; tant il peine aussi à se démarquer nettement des notions voisines quoique distinctes que sont informatique, internet, web ; tant il recouvre une inclination des sciences humaines et sociales à, soit recomposer les champs disciplinaires existants, soit à en constituer un nouveau sous les noms divers d’Humanités numériques, d’Humanités digitales, ou d’Humanisme numérique. Continuer la lecture de Le numérique un défi pour l’historiographie ?

Animer un graphique ou une carte avec Gimp

Depuis un moment déjà, à force de lire des blogs tels que ceux d’Arthur Charpentier « Freakonometrics » ou d’Éric Brian et Marie Jaisson, « s1h » (l’annexe électronique à Le Sexisme de la première heure. Hasard et sociologie), j’avais envie d’apprendre à animer des graphiques… Voici un exemple tiré de Freakonometrics :

Source : A. Charpentier. "The role of blogging in academia", Freakonometrics, 10/10/2013
Source : A. Charpentier. « The role of blogging in academia« , Freakonometrics, 10/10/2013

Mais pourquoi animer un graphique ou une carte ?

Il y a bien sur le côté un peu gadget dont je suis friand… mais l’intérêt est bien réel. L’animation de graphiques ou de cartes permet : Continuer la lecture de Animer un graphique ou une carte avec Gimp

Un outil indispensable pour les contemporanéistes : le convertisseur de l’INSEE

Une petite brève pour vous signaler cet outil très utile pour les historien.ne.s du vingtième siècle. L’INSEE met régulièrement à jour un convertisseur en ligne d’anciens francs / francs / euros depuis 1901 qui vous permettra de gagner du temps :
« Le convertisseur franc-euro mesure l’érosion monétaire due à l’inflation. Il permet d’exprimer, sur la période 1901-2013, le pouvoir d’achat d’une somme en euros ou en francs d’une année donnée en une somme équivalente en euros ou en francs d’une autre année, corrigée de l’inflation observée entre les deux années.« 
Si vous tombez sur une valeur en francs concernant l’année 1940 par exemple, et que vous souhaitez vous faire une idée de ce que cela représente en euros de 2013 ; ou, autre exemple, si vous souhaitez convertir une série de valeurs en « francs de 1962″, vous obtiendrez les résultats en quelques saisies et quelques clics grâce à cette interface très simple :
http://www.insee.fr/fr/themes/calcul-pouvoir-achat.asp