WikiAudition Histoire – édition 2016

Le wiki histoire reprend du service !

Comme chaque année, la page de suivi des recrutements en histoire est ouverte, grâce notamment au soutien de l’AFHE, qui l’héberge.

Il s’agit de rassembler, en un lieu facile d’accès toutes les informations relatives aux recrutements de maîtres de conférences et professeurs en histoire (sections 21 et 22 du CNU) pour la session synchronisée 2016.

Le bilan de la campagne 2015 est toujours mitigé : les taux d’informations relatifs aux postes s’améliorent, et certaines (encore rares) universités affichent désormais les dates des auditions sur leur site. Mais il reste encore difficile d’avoir les informations sur les postes de la section 21, et pour les postes de professeurs en général. Nous comptons donc sur vous ! Continuer la lecture de WikiAudition Histoire – édition 2016

Initiation à l’utilisation de LibreOffice Calc

Si la mobilisation des méthodes quantitatives en histoire vous conduira sans aucun doute à vous familiariser avec des outils plus avancés, la maîtrise (même minimale) d’un tableur reste fondamentale.

Les habitué.es du blog connaissaient déjà l’introduction à Excel 2010, voici (en attendant la mise à jour pour Excel 2016) une introduction à son alternative libre : Calc.

Conçue à l’occasion d’une introduction aux méthodes quantitatives en histoire pour les étudiant.es en L2 de Lille 3, cette petite brochure vous propose de vous familiariser avec les fonctions de base du tableur de la suite Libre Office (v.5) de la mise en forme d’un tableau à la création d’une pyramide des âges, en passant par l’usage de quelques formules.

Introduction à LibreOffice Calc

 

Crédit image de une : « I Love Spreadsheets » by Craig Chew-Moulding en cc sur Flickr

À propos d’une conférence de « très très haut niveau » sur les humanités numériques

Le 19 novembre 2014, Bruno Latour donna l’une des conférences « d’un très très haut niveau » [0’26’’] organisées à la BnF grâce au soutien de la Fondation del Duca – Institut de France. Intitulée « Ce que le numérique fait aux humanités », cette conférence a été enregistrée en vidéo et re-circule aujourd’hui sur les médias sociaux grâce à sa rediffusion sur les réseaux par France Culture Plus – excellent site que je vous recommande vivement par ailleurs.
En voici la présentation sur le site de FCPlus :

« L’impact du numérique sur le travail intellectuel a donné naissance à un domaine d’expérimentation multiple qu’on appelle les « humanités numériques ». Bruno Latour a participé de plusieurs manières à ces expérimentations notamment par la création du médialab de Sciences Po, mais aussi par un programme de recherche collaboratif, « Enquête sur les modes d’existence », qui allie un site web modesofexistence.org avec un livre papier. Il présente ici quelques pistes de réflexion sur les mutations que le numérique engendre pour les humanités et les sciences sociales. » Continuer la lecture de À propos d’une conférence de « très très haut niveau » sur les humanités numériques

Sur le bureau de l’historien

par Sébastien Poublanc *

 

YAPH5YcwHistorien. s. m. Celuy qui escrit l’histoire, ou une histoire. Bon historien. historien digne de foy. fidelle historien. les historiens modernes. historien contemporain. escrire en historien.

Dictionnaire de l'Académie française, Première Édition (1694)

La notion d’écrire l’histoire est bien ancrée dans la profession d’historien : elle possède ses codes, ses usages, ses représentations ; elle n’est pas seulement une technique (annonce de plan, citation, notes en bas de page), elle est aussi un choix (1). Or, si l’écriture de l’histoire est une réalité indiscutable, les conditions techniques dans lesquelles elle s’effectue ne sont guère étudiées. Celles-ci constituent pourtant un paradigme influençant la façon dont le chercheur perçoit la réalité et réagit à cette perception. Continuer la lecture de Sur le bureau de l’historien

Histoire et Cité. Les rencontres de Genève

Screenshot from 2015-05-12 20:13:55Une brève pour signaler à nos lecteurs le tenue du 13 au 16 mai 2015 des premières rencontres « Histoire et Cité » à Genève.

 

Tout un aspect du programme est centré sur les Digital Humanities, avec notamment un Salon spécifique, un booksprint pour éditer une anthologie de textes pacifistes, des séances de posters autour d’outils numériques, ainsi que des conférences et débats.

Nouvelles approches quantitatives en histoire et sciences sociales

Je relaie l’appel à candidature pour cet atelier doctoral, organisé par  François Dumasy (EFR), Michael Gasperoni (EFR), Silvia Sebastiani (EHESS) et Claire Zalc (CNRS), il aura lieu en octobre à l’École française de Rome :

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Atelier doctoral organisé à l’École française de Rome, les 6-9 octobre 2015 – Réception des candidatures jusqu’au 30 mai 2015

La Méditerranée : un laboratoire de l’histoire globale et des processus de globalisation – Session 2015 :

« Les nouvelles approches quantitatives en histoire et en sciences sociales« 

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Présentation : « Longtemps présente dans l’historiographie française des Annales, l’histoire quantitative a été longtemps assimilée à une histoire sérielle et principalement économique. Critiquée et repensée par la micro-histoire, renouvelée par les transformations des outils, notamment informatiques, elle a connu une profonde évolution de ses objets et ses méthodes et s’offre aujourd’hui comme une approche fructueuse de la recherche en histoire, mais aussi, au-delà, en sciences sociales. En proposant un ensemble d’instruments épistémologiques et techniques concernant aussi bien l’histoire économique que l’histoire sociale, culturelle, politique ou encore démographique, elle n’a cessé de s’alimenter du dialogue fécond avec les sciences sociales en général, qu’il s’agisse de la sociologie, de l’anthropologie, de l’économie ou des sciences politiques.« 

Objectifs de l’atelier, déroulement, condition de candidature, etc. :

cliquez ici.

Se former aux logiciels de bases de données

Après un premier billet relatif aux logiciels de bibliographie, suite de la série de conseils pour se former aux outils numériques plébiscités lors de ma petite enquête : les bases de données.

Bases de données, kézako ?

Commençons par une définition générale, celle que l’on trouve à l’entrée base de données de Wikipedia par exemple :

« Une base de données (en anglais : database) est un outil permettant de stocker et de retrouver l’intégralité de données brutes ou d’informations en rapport avec un thème ou une activité ; celles-ci peuvent être de natures différentes et plus ou moins reliées entre elles. Dans la très grande majorité des cas, ces informations sont très structurées, et la base est localisée dans un même lieu et sur un même support. Ce dernier est généralement informatisé. » (source)

Indépendamment de toute question logicielle, constituer une base de données (bdd), c’est donc organiser, rationaliser la collecte, le stockage et la gestion de sa documentation. Quand vous utilisez Zotero par exemple, vous alimentez une base de données de références bibliographiques (en l’occurrence, ce qu’il y a derrière votre bibliothèque Zotero, c’est une bdd SQL), voire plus si vous l’utilisez pour organiser toute votre documentation.  Dans ce cas comme avec d’autres outils plus généralistes, la structuration des données a été pensée pour vous : vous entrez les informations que vous souhaitez stocker et organiser directement dans une interface munie de champs prédéfinis (dans zotero : le nom de l’auteur, le titre, une pièce jointe, une note…).

Vous l’aurez certainement compris, les bdd se trouvent derrière quasiment tous les outils que vous utilisez sur internet. Dès que vous remplissez un formulaire en ligne par exemple vous alimentez une bdd : elles « constituent donc le cœur de nos systèmes d’information » (source).

Un outil pour les historien-nes ?

Pourquoi utiliser une base de données spécifique pour le traitement de vos sources ? D’abord parce qu’en construisant votre bdd vous même, vous maîtriserez la structuration de vos informations, c’est à dire la façon dont elles seront organisées. Bien sûr, toutes les sources ne se prêtent pas forcément à une structuration de ce type. Dans la plupart des cas, l’intérêt que vous trouverez à transformer vos sources en données, c’est de pouvoir ensuite opérer des traitements d’ordre quantitatif. Ce qui ne veut pas dire que la pratique des bdd est une exclusive de l’histoire économique ou sociale, réputée plus quantitative. Voir par exemple le retour d’expérience en histoire politique que propose Pierre-Marie Delpu sur le carnet NHumérisme. En outre, il m’est arrivé de rencontrer des doctorants qui, sachant utiliser des logiciels de bdd, avaient décidé d’organiser toute la documentation de leur thèse comme d’autres, telle Franziska, l’auraient fait avec Zotero.

Voici ce que notent Jacques Cellier et Martine Cocaud dans le principal ouvrage de référence (dont je vous recommande vivement la lecture) :

« La démarche débute avec l’examen des documents qui vont permettre la recherche historique : nous les appellerons les sources. (…) Il est rare qu’un seul document suffise à une recherche, qui exige souvent de collecter tout un corpus, composé de documents de même type ou de types variés. La recherche de documents, suivie de leur dépouillement et de leur collecte, dévore une grande partie du temps de l’historien. L’objectif est d’obtenir des données qui seront soumises par la suite à sa sagacité et à son talent d’analyste. Elles résultent d’une curieuse cuisine qui prend les sources comme ingrédient et les laisse ensuite bien éloignées tant que par leur contenu que par leur forme du modèle d’origine. « Physiquement », les données devront se présenter sous forme de fichier, c’est à dire d’une collection d’informations portant un nom et pouvant être stockées sur la mémoire d’un système informatique (…).
Des représentations iconographiques peuvent être stockées sous forme d’images numérisées mais on peut aussi n’en conserver qu’une description établie selon des rubriques précises (nom du peintre, date, techniques, personnages, etc.) ; un discours peut aussi être analysé de la même manière : nom de l’orateur, thèmes évoqués, expressions utilisées, date, etc. Toutes les sources peuvent être décrites sous forme de séries d’informations composées de rubriques, mais ce découpage, qui facilite le traitement des données sérielles, ne se révèle pas intéressant dans tous les cas : les analyses textuelles, par exemple, relèvent d’autres méthodes. » (source, p. 13-14)

 Vous l’aurez compris, tout-e historien-ne n’aura pas besoin de construire une base de données… en revanche la démarche intellectuelle qui est à la base de sa construction est commune à tout chercheur mobilisant de la documentation. C’est, il me semble un point de départ fondamental lorsqu’il est question de formation.

Se former aux bdd (1) – La démarche avant les logiciels !

Je n’ai, en ce qui me concerne, pas eu à créer une base de données pour ma thèse. Peut-être que, si j’avais été initié aux principes qui président à leur construction un peu plus tôt, je me serais lancé, surtout par goût de la découverte des outils par moi même. Néanmoins, avec le recul, je suis persuadé que cela ne m’aurait pas forcément apporté grand chose pour ma thèse (en revanche, pour la gestion à plus long terme de l’ensemble de ma documentation, c’est autre chose!).

SumSchool2008J’ai néanmoins suivi une formation qui m’a permis de m’exercer à la démarche intellectuelle qui préside à la fabrication d’une bdd. Dans le cadre d’une école d’été en « méthodologie de la recherche en histoire sociale » organisée par Frédéric Vesentini en 2008 à l’UCL (d’autres ont eu lieu en 2010, 2013 et 2014), nous étions une bonne trentaine à avoir été initiés aux bdd ; à l’analyse des discours et aux statistiques textuelles ; ainsi qu’aux enjeux d’échantillonnage et de tests statistiques. Sur les 5 jours que comptait la formation, deux furent consacrés aux bdd et, c’est là que je voulais en venir… à aucun moment nous n’avons manipulé un logiciel !

En effet, l’initiation dispensée par Aurore François et Frédéric Vésentini était alors tournée vers le travail – à mon sens le plus complexe, mais aussi le plus intéressant et formateur  – la conception d’une bdd à partir d’une réflexion sur l’organisation de sa documentation : principes de théorie relationnelle, conception d’un schéma conceptuel, transformation du schéma conceptuel en structure de données…

Comme le soulignent Claire Lemercier et Claire Zalc, la saisie d’une source dans une bdd, ou dans un tableur (j’y reviendrai) doit être envisagée, comme « un moment de recherche » (p. 35). Cette opération suppose en effet une réflexion préalable et permanente sur le contenu de la source, son organisation originale, les informations que l’on souhaite en tirer, etc. Réflexion dont on se passe généralement lorsqu’il s’agit simplement de transcrire une source dans un traitement de texte, et a fortiori lorsque l’on se « contente » au départ de photographier les sources :

« Promouvoir la saisie de la source par le chercheur ne correspond pas au désir d’imposer un « rite de passage » pénible et ingrat, mais bien à la conviction que cette étape constitue un véritable moment de recherche. (…) Fastidieuse, [la saisie] permet aussi d’appréhender réellement les données et de commencer à réfléchir sur leur structure. (…) C’est souvent au cours de la saisie que l’on prend presque physiquement contact avec son sujet, mais aussi que naissent de nombreuses questions (…). La saisie, pour l’historien peut ainsi être comparée au terrain pour l’ethnographe ou le sociologue : elle engage physiquement, induit une connaissance intime de la source et suscité nombre de questionnements de recherche. » (source, p. 36)

Traiter données 1Bien entendu, cela ne veut pas dire que toute source, en toutes circonstances, se prêterait à une saisie systématique. Néanmoins, il me semble indispensable de toujours se poser la question…

Ce qui impose de connaître quelques règles de bonnes pratiques, telles les « dix commandements de la saisie » que proposent Claire Lemercier et Claire Zalc.

METHODESQUANTICOUVC’est la première étape d’une auto-formation selon moi : lire les chapitres « De la source aux données » :

– p. 34-47 dans Méthodes quantitatives pour l’historien

– et p. 16-57 dans Traiter des données historiques par Jacques Cellier et Martine Cocaud.

HainautJe vous recommande aussi la consultation du livre de Jean-Luc Hainaut : Bases de données. Concepts, utilisation et développement, l’auteur y prend en effet le temps de bien expliquer les enjeux méthodologiques et conceptuels qui président à la création et à l’utilisation d’une bdd. En outre, la conception de l’ouvrage est très intéressante : plusieurs parcours sont possibles parmi les chapitres selon que vous souhaitiez « simplement » bénéficier d’une introduction aux bdd, ou que vous cherchiez une formation complète. [Voir la page du livre sur le site de l’auteur – Lire la table des matières et l’introduction (PDF)]

 

Se former aux bdd (2) – Les enseignements présentiels

Nous avions vu qu’il existe de très nombreuses formations présentielles aux logiciels de bibliographies, ateliers de doctorants, formations des bibliothèques et des urfist, elles ne manquent pas. Pour les bdd, l’offre existe mais elle est sans conteste moins pléthorique.

Il faut bien sûr commencer par citer les formations du Pireh (Pôle Informatique de Recherche et d’Enseignement en Histoire) de l’université Paris 1 qui, depuis de nombreuses années, dispense de la Licence au Doctorat des enseignements pointus à divers outils, dont les bases de données (ici ou par exemple). Voir aussi, bien qu’il dépasse la seule question des bdd à proprement parler, le programme du séminaire organisé par Stéphane Lamassé et Léo Dumont : « Structuration et analyse de données pour historien (2014-2015)« 

J’ai cité celles de Frédéric Vésentini et Aurore François ont organisé à plusieurs reprises depuis 2008, les écoles d’été peuvent être une excellente occasion de se former correctement en un minimum de temps. Il faut les guetter dans vos établissement et vous abonner aux flux de Calenda (écoles d’été ; méthodes de traitement et de représentation ; approches de corpus, enquêtes, archives ; etc.)

Bien entendu, il y a aussi l’atelier de Claire Zalc et Claire Lemercier, qui dépasse ici encore la seule question des bdd, mais dont l’approche très concrète basée sur les travaux des participants ouvrent de nombreuses perspectives. Voir, pour information, le programme 2014-2015.

Si vous avez connaissances de formations spécifiques orientées histoires et sciences sociales, n’hésitez pas à les partager. Une solution alternative lorsqu’il n’existe pas de formation dans votre discipline, est d’aller voir du côté des formations plus pointues des informaticiens, ou d’autres disciplines. Cela implique néanmoins d’avoir été particulièrement sensibilisé aux enjeux propres à la recherche en sciences sociales (en lisant les références mentionnées plus haut notamment!)

Jetez par exemple un œil à l’offre très riche du CNAM sur les domaines « bases de données » et « bases de données relationnelles« .

S’auto-former : le tableur

Utiliser un tableur comme base de données ? J’entends d’ici les puristes pousser des cris d’orfraie… Il n’empêche que bien souvent, ce sera une solution largement suffisante. Comme toujours, j’insiste sur le fait qu’en matière d’informatique, il est indispensable de toujours tenter de mobiliser les outils correspondant au mieux à nos besoins, nous n’avons pas besoin d’une masse pour planter un clou… Comme le notent Claire Lemercier et Claire Zalc (vous voyez bien que la lecture de leur « repères » est indispensable…) :

« En pratique, le choix est souvent entre tableur et logiciel spécifique de base de données. (…) En fait, dans la plupart des cas, un tableur, plus souvent présent à la base sur l’ordinateur et d’un accès plus intuitif, suffit largement, d’autant que les données saisies sont plus facilement exportables par la suite, pour des traitements que l’on n’imagine que rarement à l’avance. Outre le gain de temps, la discipline imposée par le fait d’entrer les données directement dans un tableau, visualisé comme tel, peut d’ailleurs aider à poser certains choix de recherche » (source, encadré p. 37)

Pour apprendre les bases de l’utilisation d’un tableur, je vous rappelle en premier lieu mon tutoriel, « initiation à l’utilisation d’Excel 2010« . Le tutoriel a pris – esthétiquement – un petit coup de vieux (le premier qui dit qu’il était déjà moche à l’origine verra son adresse IP blacklistée!) mais les fonctionnalités restent valables et facilement transposables à LibreOffice Calc. L’essentiel ici est d’apprendre à utiliser les outils de tri, filtre, croisements de données. Voir par exemple :

Pour LibreOffice ou OpenOffice, vous trouverez des tutoriels facilement, voir, par exemple, ces « conseils pour réaliser une table de données » (PDF) ou encore ces exemples vidéos :


(il s’agit de la première vidéo d’une série de 12…)

Reste que le tableur trouvera vite ses limites pour certains usages, et là, les choses se compliquent un peu.

À la lecture de conseils divers et variés, il semble que la plupart des historiens rompus aux outils de ce type recommandent désormais le passage à MySQL. FileMaker reste souvent cité mais ne semble pas très pratique. Restent les logiciels des suites bureautiques les plus connues : Access pour MSOffice, et Base pour Libre/OpenOffice.

Petit tour d’horizon pour ces 4 possibilités.

S’auto-former : Access

Access est probablement le plus connu des logiciels de base de données, même pour les plus néophytes. Jetez un œil au rayon informatique chez Gibert par exemple, vous pourrez constater qu’il existe pléthore de manuels, plus ou moins accessibles, pour apprendre à l’utiliser.

Traiter données 1Dans le premier volume qu’ils ont consacré au traitement des données historiques, Martine Cocaud et Jacques Cellier avaient fait le choix de ce logiciel. Je vous recommande vivement leur livre (et je vous remet la couverture pour la peine) car, si le logiciel à beaucoup évolué depuis, leurs démonstrations reposent systématiquement sur des exemples historiques concrets.

Vous pourrez, en outre, vous reporter à la page annexe à l’ouvrage, TDH1, sur le site de Jacques Cellier.

Pour vous familiariser avec le fonctionnement des versions les plus récentes du logiciel, vous trouverez bien votre bonheur dans un des très nombreux guides publiés, et plusieurs tutoriels vidéos existent. Voir, par exemple, la série de 4 vidéos mises en ligne en juin 2014 par Lydia Provin :

La limite principale des tutoriels en ligne concerne le domaine d’application très souvent éloigné des sciences sociales… C’est la raison pour laquelle il me semble que la lecture de traiter des données historiques reste indispensable à celles et ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’apprentissage d’Access.

Dans le second volume qu’ils ont consacré au traitement des données en histoire et sciences sociales, les deux auteurs ont néanmoins adopté MySQL…

S’auto-former : Base

Le concurrent libre de la suite office dispose aussi de son propre logiciel de base de données. Vous trouverez sur le wiki du Pireh un tutoriel fondé sur un exemple historique, une base de données des représentants élus à l’Assemblée nationale constituante en avril 1848 :

WikiPireh-Oo_Base

Vous trouverez aussi – c’est l’un des avantages non négligeables du libre – une communauté active d’utilisateurs et de nombreux conseils. Par exemple, sur le site officiel, vous trouverez la traduction française des guides d’utilisation de Calc (le tableur) :

GuidesCalc

 

Pour Base en revanche, il faudra pour le moment vous contenter des versions en anglais qui n’ont pas encore été traduite (témoignage, peut-être, de la moindre utilisation du logiciel). Il existe un manuel complet (traduit de l’allemand vers l’anglais) et une série de guides. L’ensemble se trouve ici :

LO_GuideBaseEn

 

 

 

S’auto-former : FileMaker

Dans les résultats de mon enquête auprès des historiens, si de nombreuses réponses ne mentionnaient que « bases de données » dans une perspective générale, un logiciel a été cité à plusieurs reprises : FileMaker.

Cela a suscité quelques suprises sur Twitter lorsque je m’en suis fait l’écho. Comme le notent CL et CZ :

« Beaucoup d’historiens utilisent FileMaker. Il semble s’agit en bonne partie d’une tradition quelque peu irrationnelle, due à la fois à l’usage d’ordinateurs Macintosh et à la forte personnalité de quelques utilisateurs. Il est vrai que le système de prosopographie mis en place par Jean-Pierre Dedieu à l’intérieur de ce logiciel (voir par exemple ici) est tout à fait intelligent et adapté aux données historiques. Il reste que les fichiers construits sous FileMaker s’avèrent particulièrement difficiles à exporter ailleurs… Il faut donc bien réfléchir avant de faire ce choix » (source)

Je me contenterai ici d’indiquer à celles et ceux qui souhaitent l’utiliser que le site officiel de FileMaker propose de nombreux « webinaires » des tutoriels les plus basiques aux fonctions les plus avancées (voir le site des séminaires Web FileMaker). Par exemple, ce tour d’horizon « découvrir FileMaker en 20 minutes » :

S’auto-former : MySQL

Je le notais plus haut, MySQL est le choix que Jacques Cellier et Martine Cocaud ont fait pour le deuxième volume sur le traitement des données historiques :

couvtdh2Ils expliquent en effet que :

« Compte tenu de l’offre en la matière, il nous paraît pertinent de proposer MySQL comme alternative à [Access]. Parmi les raisons qui plaident en faveur de ce dernier, on peut invoquer la gratuité, son caractère multi-utilisateur, l’existence d’une interface puissnte et conviviale PhpMyAdmin qui rend aisées les tâches d’administration et offre de nombreuses possibilités d’échanges avec d’autres logiciels (comme Excel ou Access…). Mais le plus important est le fait que pratiquement tous les hébergeurs de site Web proposent le couple MySQL/PhpAdmin. Ce qui ouvre l’opportunité de mettre la base en ligne, tout en ayant un contrôle fin sur les accès : depuis la simple consultation, jusqu’à l’administration, en passant par l’insertion de données. La porte est ainsi ouverte sur un véritable travail collectif réunissant plusieurs contributeurs géographiquement épars autour du développement d’une base de données. » (source, p. 17)

Si avec ça vous n’êtes pas convaincus !? J’ajouterai que vous disposez pour vous aider du volume dont est tiré cette citation, qu’il est – comme son prédécesseur, accompagné d’une annexe en ligne très fournie, et d’un « kit » complet pour s’initier et se perfectionner dans l’art subtil de l’interrogation SQL.

Notez aussi que la seconde partie l’ouvrage cité plus haut de Jean-Luc Hainaut, est intégralement consacrée au langage SQL.

[édit. du 15 mai 2015] La plateforme de MOOC OpenClassrooms propose une formation complète à l’administration de bases de données avec MySQL. L’accès au cours est totalement gratuit et la version payante vous permet de télécharger le cours, voire d’obtenir un certificat de réussite en cas de besoin.

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Comme pour le billet précédent, si vous repérez des approximations ou des erreurs, ou si vous souhaitez partager vos expériences, recommander des formations, etc. n’hésitez surtout pas à utiliser les commentaires !

Je souhaite, pour conclure ce billet, insister sur la nécessité de beaucoup réfléchir à vos besoins avant de vous lancer dans l’apprentissage d’un logiciel de bdd, qu’il ait ou non été cité ici. Si l’apprentissage des règles de bonnes pratiques en termes de conception, de structuration des données à travers la saisie des sources est quelque chose de très formateur, quel que soit l’usage que vous ferez du résultat, l’apprentissage de l’utilisation d’un logiciel de ce type, surtout en autoformation, peu d’avérer lourde et… décourageante si finalement ses possibilité dépassent de très loin vos besoins.

Si pour les logiciels de bibliographies je vous incitais à vous lancer quoiqu’il arrive en toute confiance dans l’autoformation, en ce qui concerne les bases de données je ne peux que vous encourager à d’abord demander conseil à des chercheurs qui pratiquent ces outils – et encore mieux, à ceux qui forment des apprentis historiens à leur usage – et qui seront le plus à même de vous aider à définir vos besoins, et à choisir l’outil le plus adapté.

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Crédit image bandeau : « original database » par shinichi / 真一 … just call me Shin! en cc sur Flickr

Écriture connectée : le retour d’expérience de @peccadille

L’une des questions centrales qui se posent à toutes celles et ceux d’entre nous qui nous intéressons au « numérique » concerne les transformations pratiques, dans le quotidien des chercheurs, occasionnées par le développement des outils informatiques et des ressources numériques utiles à la recherche.

En effet, s’il est courant de parler de « révolution numérique », c’est souvent sous la forme de grandes déclarations tonitruantes (qui ne sont pas sans rappeler celle d’Emmanuel Le Roy Ladurie concernant les historiens programmeurs en 1967… on sait aujourd’hui ce qu’il en est advenu) ou de « success story » de projet informatiques lourds ou d’investissements considérables de chercheurs dans l’apprentissage et l’utilisation d’outils – dont je ne dément absolument pas l’utilité et le caractère parfois révolutionnaire bien sûr – mais dont la majorité des historiennes et historiens n’auront probablement pas besoin au cours de leur carrière… En tous cas ils et elles en sont persuadés et cela limite généralement les discussions autour du « numérique » à celles et ceux que cela intéresse a priori.

Dans ces conditions, il est difficile d’appréhender les transformations pratiques les plus diffuses du métier d’historien-ne autrement que par des retours d’expériences (voir ici et ), ou des petites enquêtes individuelles – telle que celle que j’ai lancée il y quelques jours (et à laquelle vous pouvez continuer de répondre!).

Johanna Daniel, que vous connaissez probablement sur Twitter sous le nom de Joh Peccadille, n’est pas seulement l’auteur de l’excellent blog Orion en aéroplane. Elle tient aussi depuis quelques mois un carnet de recherche : Isidore et Ganesh.

Dans un billet tout juste publié : « Écriture 2.0/connectée : retour sur la rédaction d’un mémoire« ,  elle vient d’apporter une nouvelle pierre à l’édifice qui nous permet de mieux comprendre ce que veut dire faire de la recherche à « l’ère numérique ». Auteure d’un mémoire qui, déjà, visait à étudier, comme son titre l’indique, « Les outils d’annotation et l’édition de corpus textuels pour la recherche en SHS« , elle revient ici en détail sur ses propres pratiques d’ « écriture connectée » et se pose quelques questions du type :

  • à quoi lui a servi Twitter ?
  • en quoi participer à un blog collectif « privé » puis tenir son propre carnet de recherche lui a-t-il été utile ?
  • quelles circulations entre « écriture papier » et « écriture numérique » ?
  • quels outils d’écriture / relecture collaborative a-t-elle mobilisé ? avec quels résultats ?

Vous l’aurez compris, je vous recommande vivement la lecture de ce billet très éclairant et stimulant. Il constitue un excellent témoignage des transformations du métier de chercheur, et une invitation à nous intéresser de plus près à ces mutations concrètes qui sont en mesure d’affecter toutes les pratiques historiennes, et non seulement celles des seuls « digital humanists« .

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Si le billet de @peccadille vous inspire et que vous souhaitez revenir de la même façons sur vos pratiques (avec photos de vos espaces de travail notamment – cela apporte beaucoup au billet) , n’hésitez pas à nous contacter, une publication sur La boîte à outils des historiens est tout à fait envisageable 😉