Un spectre hante les réflexions autour du tournant numérique qui affecte le métier d'historien... Il s'agit d'une déclaration, faite par Emmanuel Le Roy Ladurie, à la suite d'une conférence concernant l’usage du quantitatif en histoire qui eut lieu en 1967 à Ann Arbor (voir ici, texte publié en 1968 dans Le nouvel observateur, repris en 1974 dans Le territoire de l'historien, p.14) :
"l'historien de demain sera programmeur ou il ne sera plus"
Plus de quarante ans plus tard, alors que les historiens semblent s'interroger collectivement sur le rôle des outils informatiques et des ressources numériques dans les transformations qui affectent leur métier (voir ici, là, ou là), la question de la nécessité d'apprendre à "programmer" se pose sous un angle différent.
Sur son site, Frédéric Clavert (bien connu des lecteurs de ZoteroFrancophone et auteur d'un billet sur les réseaux sociaux en histoire ici même) a récemment proposé quelques "pensées éparses" sur "le code et l'historien contemporanéiste". Prenant pour prétexte les réflexions suscitées par ce texte très stimulant, ce billet se veut une sorte de complément/prolongation à celles que Franziska et moi avons entamées sur le "socle commun" et la nécessité d'une meilleure (in)formation des historiens aux outils numériques, pour un article à paraître en fin d'année dans la Revue d'histoire moderne et contemporaine (et dont nous discuterons bientôt à Blois - cf. pp. 14/15)