Archives de catégorie : Cartographie

Animer un graphique ou une carte avec Gimp

Depuis un moment déjà, à force de lire des blogs tels que ceux d’Arthur Charpentier « Freakonometrics » ou d’Éric Brian et Marie Jaisson, « s1h » (l’annexe électronique à Le Sexisme de la première heure. Hasard et sociologie), j’avais envie d’apprendre à animer des graphiques… Voici un exemple tiré de Freakonometrics :

Source : A. Charpentier. "The role of blogging in academia", Freakonometrics, 10/10/2013
Source : A. Charpentier. « The role of blogging in academia« , Freakonometrics, 10/10/2013

Mais pourquoi animer un graphique ou une carte ?

Il y a bien sur le côté un peu gadget dont je suis friand… mais l’intérêt est bien réel. L’animation de graphiques ou de cartes permet : Continuer la lecture de Animer un graphique ou une carte avec Gimp

Faire une carte avec Philcarto

La représentation cartographique de données semble parfois trop compliquée pour qui voudrait juste représenter des statistiques simples (un effectif total ou un taux par exemple). Or, beaucoup de spécialistes vous le diront, l’usage d’un SIG ou de R pour réaliser des cartes permet certes d’aller très loin, mais il ne s’impose absolument pas.

Utiliser une masse pour planter un clou ?

C’est là, il me semble, une question importante à  se poser concernant l’usage de tout outil informatique : dois-je implémenter une base de données ou un tableur suffira-t-il ? dois-je apprendre à utiliser R, SAS, SPSS… ou est-ce qu’Excel fera l’affaire ? me faut-il abandonner le traitement de texte pour LaTeX ? (je vous vois venir… non, pour Zotero, la question ne se pose pas… au boulot!)

S’interroger dès le départ est important car l’apprentissage de certains outils peut-être très fastidieux, surtout en auto-formation. L’alternative n’est toutefois pas toujours simple : d’un côté, compte tenu du temps limité dont on dispose pour mener à bien un master (ou, de plus en plus, un doctorat) se lancer à corps perdu dans l’apprentissage d’un outil dont on aura finalement à peine besoin peut s’avérer désastreux ; mais de l’autre, se familiariser avec des outils avancés peut s’avérer un investissement de long terme non négligeable pour de futures recherches (voire pour un recrutement).

Pour en revenir à la cartographie… les possibilités offertes par R sont très intéressantes (voir les travaux de Baptiste Coulmont) mais, si vous ne l’utilisez pas par ailleurs et que votre objectif est juste de représenter la répartition départementale d’une population par exemple, il vaudra mieux vous tourner vers un logiciel bien plus simple d’utilisation (pour les bases en tous cas) : Philcarto.

[Edit. Petite précision importante : pour pouvoir utiliser Philcarto, votre ordinateur devra tourner sous Windows]

Philcarto, kézako ?

Sur le site du PIREH consacré à la cartographie pour historien, ce logiciel est présenté de la façon suivante :

« Philcarto est ce qu’on appelle un logiciel de cartographie thématique de données statistiques, autrement dit c’est un logiciel qui permet de créer des cartes sur lesquelles vont être localisées spatialement des informations statistiques sur un sujet donné. (…) Parmi les possibilités offertes par le logiciel, on pourra citer les cartes choroplethes, les cartes en cercles, les cartes en semis de points, les cartes de liens et de réseaux, etc… En revanche, Philcarto ne permet pas de géolocaliser une carte, ou bien d’interroger une base de données à partir de requêtes et d’obtenir un résultat cartographique. Pour ce genre de choses, il faut utiliser un logiciel de SIG Côme gvSIG ou QGis. »

Couverture DOCS GRANIT n°3_01C’est un géographe de l’université de Bordeaux, Philippe Waniez, qui a créé ce logiciel et qui permet de le télécharger gratuitement sur son site (pour plus d’informations sur l’histoire du logiciel, voir ici).

Outre le logiciel, il met à disposition une documentation très complète pour apprendre à l’utiliser, les DOCS de GRANITS, ainsi qu’une bibliothèque de fonds de cartes. La suite de ce billet vise donc simplement à vous aider dans une première prise en main du logiciel pour réaliser une carte très simple, mais notez d’emblée que les possibilités de Philcarto sont beaucoup plus larges et que vous pourrez en apprendre (vraiment beaucoup) plus…

Créer une carte avec Philcarto : 1 – effectifs

[La suite du billet suppose le logiciel installé sur votre ordinateur et le/les fonds de carte qui vous sont nécessaires téléchargés depuis le site de Philippe Waniez]

Tableau1Avant de lancer le logiciel, il vous faudra préparer vos données… Pour réaliser une carte de répartition départementale d’effectifs de population ou, comme dans l’exemple ci-dessous, de nombre de décès, il suffit de créer un tableau sous Excel. Dans la colonne de gauche il vous faut indiquer les codes INSEE des unités territoriales (ici les codes des départements) ; dans la colonne de droite les quantités à représenter.

Important : votre fichier doit être enregistré sur votre ordinateur au format .xls (et non .xlsx par exemple, extension par défaut sur les dernières versions d’Excel, ou .ods pour LibreOffice)

Vous avez enregistré sur votre ordinateur un fond de carte et un fichier .xls avec vos données, vous pouvez lancer Philcarto :

Carte1À chaque démarrage vous devrez accepter les conditions d’utilisation de Philcarto. Une fois cliqué sur « J’accepte », vous devez choisir le fond de carte à utiliser.

La première fois, vous devrez aller chercher le fond dans votre ordinateur. Les fois suivantes, Philcarto aura créé un raccourci qui vous évitera cette opération (très pratique lorsque vous utilisez le même fond régulièrement).

Carte2Une fois le fond de carte sélectionné, même opération avec les données statistiques :

Carte3Une fois le fichier sélectionnez, patientez quelques secondes le temps que Philcarto associe vos données au fond de carte :

Carte5Selon le fond que vous aurez choisi, il est possible que Philcarto vous demande de choisir le calque correspondant à la bonne division territoriale de vos données. Dans l’exemple choisi ici, le fond permet de travailler sur les région et/ou les départements. Mes données étant départementales, je choisis « Départements » :

Carte6

Carte7Le logiciel identifie automatiquement le type de données contenues dans votre tableau (s’il y avait une erreur vous pourriez modifier cette proposition… je n’ai jamais constaté d’erreur) :

Carte8

L’interface s’affiche ainsi, et en cliquant sur vos données (ici « Décès 1975 ») le logiciel vous propose plusieurs représentations possible, identifiées ici par trois symboles, chacun correspondant à un type de carte différent : en points, en cercles ou en « modèle de gravitation de Huff » :

Carte9Il suffit de cliquer sur l’un des symboles pour afficher la carte. Pour revenir à l’étape précédente, vous devrez cliquer sur le bouton « CARTO » (en vert, en haut à droite) et sélectionner un autre type de carte.

Voici les trois types appliqués aux données de décès utilisées ici :

AnimQuantite2Une fois que vous aurez choisi le type de carte qui vous convient le mieux, vous pourrez l’enregistrer en cliquant sur l’onglet « Carte » dans la barre d’outil. Trois formats vous sont proposés :

  •  .EMF : Enhanced Metafile qui est un format d’image Windows (voir ici)
  •  .AI : Adobe illustrato artwork qui est un format de représentation vectorielle développé par Adobe (voir ici)
  •  .SVG : Scalable Vector Graphics autre format vectoriel (voir ici)

Vous devrez tester ces trois formats pour vérifier quels sont les logiciels dont vous disposez pour pouvoir les ouvrir… Notez par ailleurs que vous disposez aussi de l’option « Copier la carte » qui vous permettra, par exemple, de copier directement votre carte dans votre traitement de texte ou dans votre logiciel de présentation.

Par un petit jeu de montage, de rognage, d’ajout de texte etc. vous pourrez ensuite modifier une carte y ajouter un titre etc. pour vos exposés, mémoires, articles ou… vos billets de blog :
Décès-Population_1975

Créer une carte avec Philcarto : 2 – taux

La procédure pour réaliser une carte de taux est exactement la même que pour les quantités. Notez simplement que les types de cartes qui vous seront proposés seront forcément différents…

Philcarto_TauxIci encore, ce sont les mêmes données qui sont représentées de façon différentes. En revanche, ce qui chance ce n’est pas le type de carte mais la méthode de discrétisation.

La méthode Q6 correspond, par exemple, à une :

« Discrétisation selon les quartiles avec isolement des queues de la distribution par définition de deux classes extrêmes. Les 6 classes sont définies avec les bornes suivantes : minimum, percentile 5, 1er quartile, médiane, 3e quartile, percentile 95, maximum. Cette discrétisation permet de séparer 5% des unités spatiales ayant les valeurs les plus petites, et 5% les plus grandes. » (source)

(Voir le doc de granit n°1, p. 73-74 ici pour les explications concernant chaque méthode).

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J’espère vous en avoir convaincu, la prise en main de Philcarto est très simple pour des représentations de base, mais comme je vous l’indiquais plus haut, Philcarto permet d’aller beaucoup plus loin en représentation cartographique de données statistiques. À vous de jouer maintenant !

Une nouvelle mine d’or : la collection de cartes historiques de David Rumsey

À la recherche d’une carte de l’Europe dans les années trente, j’ai découvert une véritable mine d’or : la collection David Rumsey. La mine semble connue depuis longtemps (voir ici ; et et quelques infos sur Wikipedia en anglais) : il s’agit de la plus grande collection privée de cartes historiques : composée d’environ 150.000 documents cartographiques (entendus au sens large : cartes, plans et autres représentations de l’espace), qui concernent principalement des 18e et 19e siècles, mais aussi – dans une moindre mesure – le 20e siècle.

Le site internet David Rumsey Map Collection http://www.davidrumsey.com/ permet à ce jour d’accéder librement à 33.000 cartes concernant essentiellement l’Amérique (du nord et du sud), mais de nombreux autres territoires sont bien représentés : on y trouve, par exemple, plus de 600 cartes classées dans la catégorie « Europe » entre 1693 et 1999 ; presque 2000 représentations de l’Allemagne ;  109 documents – dont des coupures de presse – concernent Mahattan entre 1879 et 1909 ; 17 cartes de la Martinique entre 1742 et 1856 sont aussi consultables.

Le navigateur « LUNA » permet de naviguer dans la collection en triant le tout par lieux ; par dates ; par auteurs ; mais aussi par type de documents : atlas (plusieurs catégories : mondial, militaire, etc.), ouvrage de géologie, rapports officiels ; etc.

Il est possible de télécharger tout cela au format .jpg par un simple clic sur le bouton « export » en haut à droite lorsque vous visionnez une carte ; voire les insérer dans vos blogs, carnets et sites web en cliquant simplement sur « Embed this » (ou « Share this » pour partager le lien permanent), comme je le fais ici pour cette carte de la région de Bucarest dans les années 1920 :

Bon voyage à toutes et tous !

Vu sur… le site de Baptiste Coulmont : cartographie avec R

Baptiste Coulmont est sociologue et maître de conférences à l’université Paris 8 (les lecteurs les plus assidus se souviendront qu’il a déjà été cité sur ce blog, à propos des wikis auditions).
Je découvre, grâce à un des derniers billets de son blog (Ah… 36 000 communes feront toujours la différence), qu’il a réalisé un tutoriel relatif à la réalisation de cartes avec R (dont il a aussi déjà été brièvement question ici). Vous pouvez en consulter le pdf à l’adresse suivante :

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Pour voir ce que cela pourrait vous permettre de faire, je vous invite à consulter les billets de la catégorie cartographie sur son blog.
Sur la cartographie pour les historiens, vous trouverez aussi de la documentation intéressante sur le site du PIREH (Pôle Informatique de Recherche et d’Enseignement en Histoire de l’université Paris 1), qui héberge un wiki sur la question : http://pireh-dev.univ-paris1.fr/wikiCarto/doku.php
Si vous utilisez R pour faire des cartes dans le cadre d’une recherche historique, n’hésitez pas à partager retours et conseils en commentaires !
…Quant à moi, je l’ajoute à la longue liste (aux côtés de LaTeX et autres joyeusetés…) des choses à apprendre une fois la thèse écrite 🙂 !