Se former aux logiciels de bibliographie

L’analyse des résultats de l’enquête relative aux usages et besoins de formation « au numérique » des historiennes et historiens – voir le billet – a fait ressortir plusieurs séries d’outils considérés par les répondants comme des priorités. Comme je l’avais noté 3 sortent particulièrement du lot :

  1. les logiciels de bibliographie
  2. les logiciels de bases de données
  3. les logiciels de cartographie et SIG

L’objectif de ce billet et de ceux qui suivront est de donner quelques pistes à celles et ceux qui souhaiteraient partir à la découverte de ces outils. En effet, il existe aujourd’hui de très nombreuses ressources qui permettent d’envisager une autoformation à certains outils – même si en pratique, les enseignements présentiels et le conseil personnalisé restent les plus efficaces. Continuer la lecture de Se former aux logiciels de bibliographie

Les historien-nes et le numérique : usages et besoins de formation

Vous l’attendiez impatiemment, voici venu le temps de vous communiquer mon analyse des résultats de ma petite enquête sur les pratiques numériques et les besoins de formation des historien-nes.

Pourquoi cette petite enquête ?

Il y a maintenant quatre ans presque jour pour jour, j’avais été invité à parler « transformations numériques du métier d’historien » à une table ronde de la Société d’histoire moderne et contemporaine (voir mon support de présentation). L’un des premiers constats que j’avais fait pour préparer cet exposé, que nous avions repris ensuite avec Franziska dans notre article  pour la RHMC (lire l’article : fr. / en.), était que s’il était désormais convenu de parler de « transformations des pratiques » voire de « révolution épistémologique », en réalité nous ne disposions d’aucune forme d’objectivation de l’appropriation des outils numériques par les historiens. C’est ce qui nous conduit, la plupart du temps, tous autant que nous sommes, à fonder nos analyses sur des « retours d’expériences » de recherches, d’enseignements, de publications, etc. sans jamais pouvoir vraiment savoir à quel point il nous est possible de les généraliser à la profession dans son ensemble.

J’avais donc saisi l’occasion de cette intervention pour mener une petite enquête auprès des étudiants en Master de l’EHESS concernant leurs pratiques et afin d’améliorer notre connaissance de leurs besoins en termes de formation. Nous avions publié les résultats de cette petite enquête dans notre article de 2011, puis j’avais réitéré l’expérience en vue d’une tentative (ratée…) de pérennisation des formations aux outils numériques à l’EHESS (voir le rapport d’activités que j’avais rédigé sur cette base avec, notamment, une reprise de l’ensemble des réponses des étudiants à la seconde enquête).

Le temps a un peu passé et Franziska et moi avons été invités par Aurore Dumont et Pablo Aviles Flores à participer à une journée d’études en décembre 2014 à propos du « numérique, un défi pour l’historiographie? » Leur invitation consista en une proposition de mise à jour des conclusions de notre article de 2011 sur la base des évolutions que nous avions pu observer depuis… C’est ainsi que, dans un moment d’égarement, je me suis lancé dans une extension de la petite enquête concernant les étudiants en Master à un public plus large. S’agissant d’un questionnaire en ligne destiné à être ensuite analysé de façon individuelle, en parallèle d’un agenda professionnel déjà bien rempli, j’ai pris sur moi de restreindre les enquêtés aux seuls historiens en formation et jeunes-quoique-chercheurs (master/doctorat/postodctorants) ainsi qu’à celles et ceux qui les encadrent et dirigent leurs recherches (maîtres de conférences, professeurs des universités, chargés et directeurs de recherches), auxquels j’ai ajouté les chercheurs enseignants dans le secondaire.

Bien entendu, j’aurais pu étendre une telle étude à une conception plus large du métier d’historien, en incluant les ingénieurs, les bibliothécaires, etc. mais j’y ai renoncé pour me faciliter l’analyse des résultats. De même il aurait fallu aller beaucoup plus loin et être plus précis dans certaines questions. Gageons que ce billet incitera des collectifs – et peut-être même institutionnels – à mettre sur pied une telle enquête qui permettrait de vraiment saisir « ce que le numérique fait aux historiennes et historiens » (pour reprendre le titre d’un entretien que je vous (ré-)incite vivement à lire).

Diffusion du questionnaire et profils des répondants

J’ai donc diffusé un questionnaire – accessible ici – fabriqué un peu vite – parce que je croyais naïvement arriver à avoir beaucoup de réponse en moins d’une semaine…. – à travers plusieurs réseaux :

  • certains des blogs que j’anime ou co-anime (ici et là bas notamment)
  • des listes de diffusion, celle des DH ainsi que celle de l’AFHE.
  • des e-mail « individuels » à des jeunes chercheurs et à des enseignants-chercheurs que je connais
  • des tweets et autres posts sur facebook

Par ailleurs, je sais que le lien a ensuite été diffusé par d’autres chercheurs sur d’autres listes de diffusion (que je vous invite au passage à découvrir : AHMUF, SFHU, SFHOM, Theuth…) à leurs étudiants, leurs laboratoires, via leurs comptes sur les réseaux sociaux, etc.

J’avais inclus une question ouverte – facultative –  « comment êtes-vous arrivé sur ce questionnaire ? » je remercie donc vivement celles et ceux qui sont cités par certains répondants comme leur « source » : Nicolas Barreyre, Natacha Coquery ; Joh Peccadille ; Béatrice Touchelay ; « l’informaticien » de la MSH de Nantes – les guillemets ne sont pas de moi – les community managers des bibliothèques universitaires qui ont diffusé l’information sur leurs réseaux (la BULSH d’Aix notamment) ; Infoclio.ch… Et bien sûr merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à la diffusion du questionnaire d’une façon ou d’une autre !

Le lien court fourni par le service goo.gl permet de se faire une idée de l’origine des 1225 personnes qui ont cliqué sur le lien (cela ne présume pas des partages du lien original, pour lequel je n’ai pas de statistiques…) :

Clics sur le lien court "goo.gl" (cliquez pour agrandir)
Clics sur le lien court « goo.gl » (cliquez pour agrandir)

Un peu moins de la moitié de celles et ceux qui ont cliqué sur le lien l’ont fait depuis Twitter & Facebook (usagers des médias sociaux donc). En y ajoutant celles et ceux qui sont passés par Devenir historien-ne ou La boîte à outils des historiens (lecteurs de blogs donc) on arrive à plus de 60% – et sans compter celles et ceux qui y sont arrivés via la liste « digital humanities » : ce questionnaire a sans conteste d’abord touché des personnes déjà intéressés, d’une façon ou d’une autre, par les questions numériques.

Sur les 280 répondants qui ont indiqué leur source, 89 sont arrivés via twitter, 48 via facebook, 11 via la liste DH : soit au total 41,6% de l’ensemble des réponses au questionnaire.

Sur les 1225 clics sur le lien court, j’ai en effet obtenu 353 réponses. En à peine un mois cela me semble pas mal… Voici le profil de ces répondants :

Profils des répondants (cliquez pour agrandir)
Profils des répondants (cliquez pour agrandir)

De l’usage de quelques outils numériques

Dans un billet sur la question des pratiques numériques dans l’enseignement scolaire, Bruno Devauchelle dressait un constat qui me semble tout à fait convenir à l’analyse que l’on fait généralement des « transformations numériques du métier d’historien-ne » :

« Ce qui crée un trouble dans l’analyse du développement du numérique en éducation c’est que l’on survalorise les expérimentations/innovations par rapport aux pratiques ordinaires. La médiatisation des faits tend à encourager cette survalorisation : on parle des évènements rares et pas de ceux qui sont fréquents et ordinaires » (source)

N’allons pas jusqu’à parler de « médiatisation » pour les humanités numériques, mais reconnaissons que les grandes envolées lyriques sur la mutation-radicalement-profonde-et-irréversiblement-révolutionnaire-d’un-point-de-vue-épistémologique ne sont pas si rares que cela et que, d’un point de vue institutionnel, il est parfois plus facile d’organiser un colloque international ultra pointu avec quelques stars internationales du domaine que de mettre en place une formation pérenne à quelques outils fondamentaux.

Ainsi, il me semble que, pour saisir les transformations les plus profondes de nos pratiques, c’est par mesurer l’acclimatation des historien-nes à quelques outils « ordinaires » principalement apparus à « l’ère numérique » qu’il faut commencer.

Bien entendu, une enquête de plus grande ampleur permettrait d’aller plus loin, en visant des outils spécialisés de traitement de diverses données – de l’analyse statistique à la fouille de texte et aux visualisations de réseaux… -, mais ici j’ai entrepris d’interroger les historien-nes sur des pratiques qui aujourd’hui semblent aller de soi à beaucoup d’observateurs :

Les usages de quelques "outils numériques" (cliquez pour agrandir)
Les usages de quelques « outils numériques » (cliquez pour agrandir)

Et finalement, cela ne va pas tant de soi… Certes, l’usage de l’appareil photo numérique c’est sans conteste généralisé. De même, la consultation de bases de données bibliographiques (c’est à dire de portail d’accès à des ressources bibliographiques telles que Cairn, Revues.org, Jstor, etc.) font désormais bien partie du paysage.

Le fait qu’une très très faible majorité des répondant utilisent un logiciel de bibliographie me semble encore plus marquant. Lors de mes premières enquêtes auprès des étudiants de l’EHESS nous avions ce type de réponses. Or, à cette époque pas si lointaine, les formations à un outil tel que Zotero n’étaient vraiment pas aussi répandues qu’aujourd’hui. Franziska et moi étions ainsi parfois sollicités par des écoles doctorales qui ne trouvaient pas d’intervenants interne pour l’enseigner aux doctorants. Aujourd’hui, il n’y a quasiment pas une bibliothèque universitaire qui ne propose de formation à un logiciel de bibliographie, qu’il s’agisse de Zotero ou de l’un de ses concurrents. (En outre, j’ajoute que vous pouvez vous auto-former ici avec nos tutoriels bien sûr… et même en vidéo!)

La proportion des utilisateurs ne semble pas pour autant avoir beaucoup évolué…

Si l’usage des bases de sources en ligne est plus modéré que celui des ressources bibliographiques, ce n’est pas vraiment une surprise : les logiques de numérisations sont complexes et ne répondent pas forcément aux besoins de toutes les spécialités. On a beau être « à l’heure du big data« , pour faire un travail de démographie historique à l’échelle départementale, il vous faudra saisir vous même « à la main » les données départementales du recensement de la population pour 1946 et 1954 par exemple (enfin, plus maintenant… je mettrai bientôt mes saisies en ligne).

Peut-être plus étonnant : la moitié des répondants ne consulte quasiment jamais de blogs scientifiques. Que l’écriture dans des blogs ne soit pas répandue, ce n’est pas une surprise, et le fait est que la pratique de développe de plus en plus. Lors des formations aux outils informatiques que nous avions organisé à l’EHESS, que les intervenants soient politistes (avec François Briatte et Joël Gombin en 2009) ou historiens (avec Martine Sonnet – ici et Frédéric Clavert et Benoît Kermoal en 2011), le constat du faible investissement des historien-nes (en France) s’imposait toujours. Dès lors, que presque un quart des répondants publie régulièrement ou souvent dans un ou plusieurs blogs est à ce titre très encourageant quant à la « normalisation » de cette pratique. En outre, force est de constater que, depuis les pionniers de l’usage du blog en histoire (de Blitztoire né en 2004, aujourd’hui Médiévizmes aux Actualités de la recherche en histoire visuelle né en 2005, aujourd’hui L’image sociale) – la pratique s’est considérablement répandue. Pour ne prendre qu’un exemple, la plateforme Hypotheses.org compte à ce jour pas moins de 375 carnets de recherche classés dans la catégorie « Histoire et archéologie« . Et il ne s’agit que des carnets inscrits au catalogue ! [Pour une analyse des pratiques de blogging en histoire, je vous invite à jeter un œil à cette présentation]

Cela nous ramène à la faiblesse de leur lecture : je pense qu’ici on se trouve face à une réticence vis à vis des blogs qui repose sur une certaine méfiance relative à la qualité des productions scientifiques qui y sont proposées. Il n’est ainsi pas rare d’entendre ou de lire qu’il ne faut pas citer un billet de blog dans un travail universitaire. Pourtant, n’est-ce pas justement la base de notre « métier » que d’évaluer la pertinence d’un écrit à l’aune de son contenu plutôt que de son support de publication ?

Quels besoins de formations aux outils informatiques ?

C’est là aussi, comme souvent, une question de formation. En outre, c’est à mon sens le principal enseignement de cette enquête : les historiennes et historiens de tous niveaux estiment globalement avoir d’importants besoins de formation.

Besoins de formations (cliquez pour agrandir)
Besoins de formations (cliquez pour agrandir)

 

Besoins de formations
Besoins de formations – détail (cliquez pour agrandir)

 

Seule exception lisible tant dans le tableau que dans le graph. animé qui précèdent : une courte majorité des postdoctorants et autres chercheurs contractuels répond avoir des besoins « moyens » à « importants ». Cela s’explique peut-être en partie (mais ce n’est qu’une hypothèse) parce qu’aujourd’hui, beaucoup de spécialistes des questions numériques sont justement recrutés sur des postes de contractuels dans les laboratoires…

Ces importants besoins de formation méritent toutefois d’être lus à l’aune du type d’outils pour lesquels les répondants souhaiteraient être formés ou s’auto-former en priorité.

Passons rapidement sur celui ou celle qui brûle d’apprendre à utiliser « une serpette » et sur ce ou cette autre qui semble douter de la pertinence de la question (« je ne me forme pas, je forme ») – je les remercie ici vivement, ces réponses m’ont servi de récréation pendant le codage des réponses à cette question ouverte…

En effet ici le résultat que je présente est basé sur un codage des réponses qui se sont logiquement avérées très diverses, tant dans les outils cités que dans les formulations concernant une même pratique…

Echantillon des réponses avant codage (cliquez pour agrandir)
Échantillon des réponses avant codage (cliquez pour agrandir)

Les 353 répondants ont donné au total 510 réponses, y compris « rien/aucun » ou « tout/les outils numériques en général ». J’ai reclassé l’ensemble en 17 catégories :

  • Analyse statistique
  • Analyse textuelle/Lexicométrie/Textométrie
  • Analyse/Visualisation de réseaux
  • Annotation/Collaboration
  • Bases de données
  • Bibliographie
  • Cartographie/SIG
  • Gestion documentaire
  • Programmation/Langages informatiques
  • Recherches/Veille documentaires
  • Traitement de texte/Composition de document/PAO
  • Traitements audiovisuels
  • Valorisation / Médiation / Diffusion
  • Visualisation
  • Autres (9 outils cités une seule fois et n’entrant dans aucune catégorie : outre la serpette…: le TBI (que j’interprète comme « tableau blanc interactif » ; l’OCR ; le FTP (que j’interprète comme « file transfer protocol ») ; outils d’analyse qualitative ; « toute technologie cloud » ; Web sémantique ; Web service ; Bureautique ; et 3 « je ne sais pas »)
  • Aucun
  • Tout

Le codage n’est certainement pas parfait, mais il donne une bonne première vision des réponses et je mettrai sûrement dès que possible à disposition le fichier .xls de toutes les réponses obtenues au questionnaire pour celles et ceux qui souhaiteraient jouer avec les données et aller plus loin que moi dans leur analyse…

Les 5 outils les plus cités (cliquez pour agrandir)
Les 5 outils les plus cités (cliquez pour agrandir)

Le graphique animé qui précède (s’il vous donne mal au cœur, voir le tableau statique infra) reprend, pour l’ensemble des répondants ainsi que pour chaque profil, les 5 regroupements qui arrivent en tête des réponses à la question « à quel outil souhaiteriez-vous vous former ou être formés en priorité ? » avec la précision suivante :

Outil informatique/numérique au sens le plus large où vous l’entendrez | Vous pouvez répondre « aucun »

A posteriori, indiquer la possibilité de répondre « aucun » n’était peut-être pas pertinent…  En effet, cette réponse figure parmi les 5 premières de tous les profils de répondants. Elle est même en seconde position pour l’ensemble.

Cela entre en contradiction avec celui des « besoins de formation »  : seulement 7 répondants on indiqué que leurs besoins de formation étaient inexistants (0 sur l’échelle). Si l’on étant à celles et ceux qui ont coché 1, on arrive à 42 répondants : on est loin des 72 personnes ayant inscrit « aucun » (ou « rien », etc.) ici. Dès lors, il n’est pas déraisonnable de penser que cela signifie plus « aucune idée en particulier » que « je ne veux pas me former ou être formé à quelque outil que ce soit ». Ce n’est bien sûr qu’une hypothèse… et encore une piste pour l’amélioration de l’enquête si jamais elle devait être menée à plus grande échelle.

Si l’on admettais cette hypothèse, cela confirmerait une certitude que j’ai acquise au fil des années d’enseignements de méthodologie de la recherche et d’usage des outils numérique : notre rôle n’est pas seulement de former les étudiants à des outils spécifique mais bien de leur faire entrevoir le champ des possibles qui s’offrent à eux. C’était la méthode que nous avions adopté avec Franziska dans le cadre de nos formations aux outils informatiques mais aussi en méthodologie « générale » de la recherche, en insistant sur l’importance du « repères » de Claire Lemercier et Claire Zalc comme lecture indispensable et, surtout, en organisant des conférences de chercheurs au terme de chaque journée de formation.

Pour le dire vite : former en « tronc commun » à la TEI, aux SIG ou à l’analyse de réseaux des étudiants en M1 qui cherchent encore un sujet de mémoire n’a pas de sens. Il est toutefois tout à fait indispensable qu’ils sachent que cela existe et qu’ils aient vu ce que cela peut donner comme résultats dans le cadre d’une recherche concrète.

Le fait est que, pour revenir aux réponses à la question « quels outils voudriez-vous apprendre en priorité ? » ce sont des outils assez généralistes qui sont mentionnés aux premières places.

Quels que soient les profils, les logiciels de bibliographie (type zotero ou endnote par exemple) sont classés dans les 3 réponses les plus récurrentes. En fait ils se classent premiers pour tous les profils à l’exception des doctorants qui les placent troisièmes.

Viennent ensuite les logiciels de bases de données, mentionnés par tous à l’exception des postdocs et contractuels. De fait, si l’on regroupe les logiciels de bibliographie, les logiciels de bases de données et les outils de « veille et recherche » ainsi que de « gestion documentaires », on arrive à minimum 30% (postdocs et contract.) et maximum 45% (masters et chercheurs ens. du secondaire) d’outils cités concernant la recherche, l’organisation et la gestion de la documentation. Il existe de réels besoins de formation à des outils souvent considérés comme « basiques » et qui en tous les cas, se trouvent depuis toujours au cœur des pratiques de recherche en histoire.

La troisième série d’outils les plus cités concerne la cartographie et les SIG (pour système d’information géographique). Certains citent explicitement un logiciel (type QGis par exemple), d’autres indiquent juste : « un logiciel de représentations cartographiques ». Ici encore la question de la formation est fondamentale : savoir représenter une carte est fondamental – et pas uniquement du fait de ce lien particulier et spécifique à la France entre histoire et géographie… – mais pour dessiner une carte de toponyme ou la répartition d’un taux de mortalité par exemple, il n’est pas nécessaire d’apprendre à utiliser un SIG, un logiciel de cartographie suffira amplement (voir par exemple, mon mini-tutoriel sur philcarto). Il faut toutefois savoir que des outils avancés existent et permettent d’aller plus loin (voir, par exemple, ce que Baptiste Coulmont ou Joël Gombin arrivent à faire avec R – voir aussi le carnet « Element-R« ).

Le tableau suivant détail le « score » de chaque groupe d’outils :

Détails des besoins de formations par profils (cliquez pour agrandir)
Détails des besoins de formations par profils (cliquez pour agrandir)

Le graph. animé comme le tableau précédent permettent d’observer que les outils les plus spécialisés commencent à véritablement faire leur apparition dans les 5 outils les plus cités pour les profils les plus avancés dans la recherche. La programmation et l’apprentissage de langages informatiques spécifiques n’apparaissent ainsi dans les 5 premiers outils cités que chez les profs d’universités et directeurs/directrices de recherche.

Comme je l’ai dit ou écrit ailleurs à plusieurs reprises (voir ici par exemple), je ne pense pas que faire de tous les historiens des programmeurs soit la priorité des priorités. Cela ne semble pas non plus être celle des répondants à ce questionnaire.

Bien sûr, savoir ce qu’est une ligne de code, savoir comment fonctionnent les outils que l’on mobilise est indispensable. Tout comme il nous faut connaître l’origine et les modes de fabrication des sources que l’on mobilise pour pouvoir les lire correctement. Cela implique une certaine initiation / découverte des principes de base, mais pas un apprentissage avancé dès le début de la formation à la recherche.

Ce parti pris se veut aussi un antidote aux positions extrêmes vis à vis du numérique. La nouveauté et le caractère ludique ou spectaculaire de certains outils conduisent en effet parfois à un engouement – sans parler des rejets parfois encore plus puissants – qui comporte certains risques, qui ne sont pas sans rappeler les écueils que « l’histoire quantitative » a pu connaître dans les années 1980-1990. Voir par exemple l’usage qui est fait du google ngram viewer en dépit de toutes les précautions d’usage que nous étions plusieurs à formuler dès son lancement… voir ici mais aussi là et, plus récemment, par exemple). Voir aussi l’exaltation autour des « big data« . Sur ce point, en suivant une initiation à IRaMuTeQ (pour Interface de R pour les Analyses Multidimensionnelles de Textes et de Questionnaires), j’avais noté cette remarque du formateur (Andrew Maho) à propos de la taille des échantillons :

« Pour savoir si un vin est bon, un verre suffit, vous n’avez pas besoin de boire toute la bouteille« 

Ne jamais oublier les fondamentaux, de la sélection des documents à la critique des sources, au croisement des documentations permettant de faire avec les absences et les lacunes, c’est là, il me semble, un élément fondamental à intégrer à toute formation aux outils numériques. En ce sens, je n’en démords pas, l’enseignement des outils informatiques doit toujours être lié ou intégré à l’enseignement de l’historiographie et de la méthodologie de la recherche en histoire.

J’achèverai ce billet sur un dernier commentaire des résultats : on voit apparaître un groupe d’outils de valorisation, médiation et diffusion de la recherche parmi les outils prioritaires cités par les postdocs et contractuels, les maîtres de conf. et chargés de recherches ainsi que par les profs. des universités et dir. de recherche. Ces outils vont de « la création de sites internets » à la mise en place d’une « exposition virtuelle » – omeka est cité à trois reprises par exemple – en passant par le « blogging scientifique ».

Les nouveaux mode de diffusion de la recherche – tant vers les pairs que vers un public plus large dans une perspective d’éducation populaire – sont désormais nombreux, mais leur faible prise en main par « la communauté historienne » semble ici encore liée à des questions de formation. Dans le détail, il est ainsi parfois mentionné le besoin d’une formation aux dimensions juridiques de la diffusion de travaux via des archives ouvertes ou de la mise en ligne de sources. Le faible investissement des chercheurs dans le blogging ou dans la diffusion de leurs travaux en libre accès doit ainsi être mise en relation avec  l’affirmation de ces besoins de formation (voir aussi ce billet).

Concluons provisoirement…

Que nous dit finalement cette petite enquête ? Si la « révolution numérique » n’en peut plus de finir, c’est qu’elle s’apparente plus à une « révolution permanente » à laquelle il convient de nous adapter continuellement. Et le phénomène n’a pas commencé avec le tournant du web 2.0 au début des années 2000, mais plutôt dès la « révolution informatique » des années 1970-1980.

Le « numérique » n’est pas une nouvelle spécialité que seulement quelques geeks passionnés doivent investir et développer de façon très pointue. C’est plutôt le contexte dans lequel nous évoluons tous, que nous soyons chercheurs ou non. Dès lors, ce qu’il faut mettre en place ce sont des enseignements pérennes, évolutifs et ne plus nous contenter uniquement de formations ponctuelles.

En témoigne l’importance des besoins de formation à tous les niveaux d’expérience de la recherche et de l’enseignement en histoire. Besoins qui s’expriment particulièrement à propos de pratiques numériques ordinaires, parfois présentées comme « basiques », pré-requis des générations « nativement numériques« , la prochaine étape étant de tous devenir programmeurs…

Cela me ramène, encore et toujours, à notre proposition de « socle commun« , disons peut être plutôt de culture numérique commune, des outils qu’il me semble nécessaire de maîtriser dès le terme d’une Licence et d’un Master :

CultureNumCommune

Élaboré pour les étudiants en master de l’EHESS, ce schéma des outils indispensable à tout apprenti chercheur correspond à peu de choses près aux priorités communes à tous les profils de répondants au questionnaire – seuls manquait l’initiation aux outils de cartographie… (ajouté dans cette mise à jour du schéma, pour sa présentation initiale voir ici).

Chaque regroupement me semble ainsi offrir les bases essentielles à des approfondissement spécialisés par la suite, que ce soit vers des logiciels de base de données plus puissants, vers des logiciels d’analyse statistique, des SIG, ou l’analyse de réseaux…

Peut-être de quoi faire en sorte d’arrêter de parler de « tournant » ou de « révolution » numérique pour faire de tous ces outils des instruments parmi d’autres dans la boite à outils des historiens ?

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Crédit image de une : Vintage Computer Festival 10.0 by Julia Wolf (via Flickr – creative commons)

Écriture connectée : le retour d’expérience de @peccadille

L’une des questions centrales qui se posent à toutes celles et ceux d’entre nous qui nous intéressons au « numérique » concerne les transformations pratiques, dans le quotidien des chercheurs, occasionnées par le développement des outils informatiques et des ressources numériques utiles à la recherche.

En effet, s’il est courant de parler de « révolution numérique », c’est souvent sous la forme de grandes déclarations tonitruantes (qui ne sont pas sans rappeler celle d’Emmanuel Le Roy Ladurie concernant les historiens programmeurs en 1967… on sait aujourd’hui ce qu’il en est advenu) ou de « success story » de projet informatiques lourds ou d’investissements considérables de chercheurs dans l’apprentissage et l’utilisation d’outils – dont je ne dément absolument pas l’utilité et le caractère parfois révolutionnaire bien sûr – mais dont la majorité des historiennes et historiens n’auront probablement pas besoin au cours de leur carrière… En tous cas ils et elles en sont persuadés et cela limite généralement les discussions autour du « numérique » à celles et ceux que cela intéresse a priori.

Dans ces conditions, il est difficile d’appréhender les transformations pratiques les plus diffuses du métier d’historien-ne autrement que par des retours d’expériences (voir ici et ), ou des petites enquêtes individuelles – telle que celle que j’ai lancée il y quelques jours (et à laquelle vous pouvez continuer de répondre!).

Johanna Daniel, que vous connaissez probablement sur Twitter sous le nom de Joh Peccadille, n’est pas seulement l’auteur de l’excellent blog Orion en aéroplane. Elle tient aussi depuis quelques mois un carnet de recherche : Isidore et Ganesh.

Dans un billet tout juste publié : « Écriture 2.0/connectée : retour sur la rédaction d’un mémoire« ,  elle vient d’apporter une nouvelle pierre à l’édifice qui nous permet de mieux comprendre ce que veut dire faire de la recherche à « l’ère numérique ». Auteure d’un mémoire qui, déjà, visait à étudier, comme son titre l’indique, « Les outils d’annotation et l’édition de corpus textuels pour la recherche en SHS« , elle revient ici en détail sur ses propres pratiques d’ « écriture connectée » et se pose quelques questions du type :

  • à quoi lui a servi Twitter ?
  • en quoi participer à un blog collectif « privé » puis tenir son propre carnet de recherche lui a-t-il été utile ?
  • quelles circulations entre « écriture papier » et « écriture numérique » ?
  • quels outils d’écriture / relecture collaborative a-t-elle mobilisé ? avec quels résultats ?

Vous l’aurez compris, je vous recommande vivement la lecture de ce billet très éclairant et stimulant. Il constitue un excellent témoignage des transformations du métier de chercheur, et une invitation à nous intéresser de plus près à ces mutations concrètes qui sont en mesure d’affecter toutes les pratiques historiennes, et non seulement celles des seuls « digital humanists« .

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Si le billet de @peccadille vous inspire et que vous souhaitez revenir de la même façons sur vos pratiques (avec photos de vos espaces de travail notamment – cela apporte beaucoup au billet) , n’hésitez pas à nous contacter, une publication sur La boîte à outils des historiens est tout à fait envisageable 😉

Le numérique un défi pour l’historiographie ?

Journées d’études organisée à l’EHESS par l’atelier « Recherches et pratiques historiographique » et coordonnées par Aurore Dumont et Pablo Aviles Flores :

Entre outil et culture. Le numérique un défi pour l’historiographie ?

Argument


 

« Cette double journée d’étude est inscrite sous le signe du numérique. Terme bien embarrassant, tant il semble ressortir moins du concept que de l’attrape-tout ; tant il pointe dans une triple direction, celle de la technologie, celle de l’outil et celle de la culture : tant il évoque assurément la langue française qui le préfère à ses concurrents anglo-saxons ; tant il peine aussi à se démarquer nettement des notions voisines quoique distinctes que sont informatique, internet, web ; tant il recouvre une inclination des sciences humaines et sociales à, soit recomposer les champs disciplinaires existants, soit à en constituer un nouveau sous les noms divers d’Humanités numériques, d’Humanités digitales, ou d’Humanisme numérique. Continuer la lecture de Le numérique un défi pour l’historiographie ?

Animer un graphique ou une carte avec Gimp

Depuis un moment déjà, à force de lire des blogs tels que ceux d’Arthur Charpentier « Freakonometrics » ou d’Éric Brian et Marie Jaisson, « s1h » (l’annexe électronique à Le Sexisme de la première heure. Hasard et sociologie), j’avais envie d’apprendre à animer des graphiques… Voici un exemple tiré de Freakonometrics :

Source : A. Charpentier. "The role of blogging in academia", Freakonometrics, 10/10/2013
Source : A. Charpentier. « The role of blogging in academia« , Freakonometrics, 10/10/2013

Mais pourquoi animer un graphique ou une carte ?

Il y a bien sur le côté un peu gadget dont je suis friand… mais l’intérêt est bien réel. L’animation de graphiques ou de cartes permet : Continuer la lecture de Animer un graphique ou une carte avec Gimp

Faire une carte avec Philcarto

La représentation cartographique de données semble parfois trop compliquée pour qui voudrait juste représenter des statistiques simples (un effectif total ou un taux par exemple). Or, beaucoup de spécialistes vous le diront, l’usage d’un SIG ou de R pour réaliser des cartes permet certes d’aller très loin, mais il ne s’impose absolument pas.

Utiliser une masse pour planter un clou ?

C’est là, il me semble, une question importante à  se poser concernant l’usage de tout outil informatique : dois-je implémenter une base de données ou un tableur suffira-t-il ? dois-je apprendre à utiliser R, SAS, SPSS… ou est-ce qu’Excel fera l’affaire ? me faut-il abandonner le traitement de texte pour LaTeX ? (je vous vois venir… non, pour Zotero, la question ne se pose pas… au boulot!)

S’interroger dès le départ est important car l’apprentissage de certains outils peut-être très fastidieux, surtout en auto-formation. L’alternative n’est toutefois pas toujours simple : d’un côté, compte tenu du temps limité dont on dispose pour mener à bien un master (ou, de plus en plus, un doctorat) se lancer à corps perdu dans l’apprentissage d’un outil dont on aura finalement à peine besoin peut s’avérer désastreux ; mais de l’autre, se familiariser avec des outils avancés peut s’avérer un investissement de long terme non négligeable pour de futures recherches (voire pour un recrutement).

Pour en revenir à la cartographie… les possibilités offertes par R sont très intéressantes (voir les travaux de Baptiste Coulmont) mais, si vous ne l’utilisez pas par ailleurs et que votre objectif est juste de représenter la répartition départementale d’une population par exemple, il vaudra mieux vous tourner vers un logiciel bien plus simple d’utilisation (pour les bases en tous cas) : Philcarto.

[Edit. Petite précision importante : pour pouvoir utiliser Philcarto, votre ordinateur devra tourner sous Windows]

Philcarto, kézako ?

Sur le site du PIREH consacré à la cartographie pour historien, ce logiciel est présenté de la façon suivante :

« Philcarto est ce qu’on appelle un logiciel de cartographie thématique de données statistiques, autrement dit c’est un logiciel qui permet de créer des cartes sur lesquelles vont être localisées spatialement des informations statistiques sur un sujet donné. (…) Parmi les possibilités offertes par le logiciel, on pourra citer les cartes choroplethes, les cartes en cercles, les cartes en semis de points, les cartes de liens et de réseaux, etc… En revanche, Philcarto ne permet pas de géolocaliser une carte, ou bien d’interroger une base de données à partir de requêtes et d’obtenir un résultat cartographique. Pour ce genre de choses, il faut utiliser un logiciel de SIG Côme gvSIG ou QGis. »

Couverture DOCS GRANIT n°3_01C’est un géographe de l’université de Bordeaux, Philippe Waniez, qui a créé ce logiciel et qui permet de le télécharger gratuitement sur son site (pour plus d’informations sur l’histoire du logiciel, voir ici).

Outre le logiciel, il met à disposition une documentation très complète pour apprendre à l’utiliser, les DOCS de GRANITS, ainsi qu’une bibliothèque de fonds de cartes. La suite de ce billet vise donc simplement à vous aider dans une première prise en main du logiciel pour réaliser une carte très simple, mais notez d’emblée que les possibilités de Philcarto sont beaucoup plus larges et que vous pourrez en apprendre (vraiment beaucoup) plus…

Créer une carte avec Philcarto : 1 – effectifs

[La suite du billet suppose le logiciel installé sur votre ordinateur et le/les fonds de carte qui vous sont nécessaires téléchargés depuis le site de Philippe Waniez]

Tableau1Avant de lancer le logiciel, il vous faudra préparer vos données… Pour réaliser une carte de répartition départementale d’effectifs de population ou, comme dans l’exemple ci-dessous, de nombre de décès, il suffit de créer un tableau sous Excel. Dans la colonne de gauche il vous faut indiquer les codes INSEE des unités territoriales (ici les codes des départements) ; dans la colonne de droite les quantités à représenter.

Important : votre fichier doit être enregistré sur votre ordinateur au format .xls (et non .xlsx par exemple, extension par défaut sur les dernières versions d’Excel, ou .ods pour LibreOffice)

Vous avez enregistré sur votre ordinateur un fond de carte et un fichier .xls avec vos données, vous pouvez lancer Philcarto :

Carte1À chaque démarrage vous devrez accepter les conditions d’utilisation de Philcarto. Une fois cliqué sur « J’accepte », vous devez choisir le fond de carte à utiliser.

La première fois, vous devrez aller chercher le fond dans votre ordinateur. Les fois suivantes, Philcarto aura créé un raccourci qui vous évitera cette opération (très pratique lorsque vous utilisez le même fond régulièrement).

Carte2Une fois le fond de carte sélectionné, même opération avec les données statistiques :

Carte3Une fois le fichier sélectionnez, patientez quelques secondes le temps que Philcarto associe vos données au fond de carte :

Carte5Selon le fond que vous aurez choisi, il est possible que Philcarto vous demande de choisir le calque correspondant à la bonne division territoriale de vos données. Dans l’exemple choisi ici, le fond permet de travailler sur les région et/ou les départements. Mes données étant départementales, je choisis « Départements » :

Carte6

Carte7Le logiciel identifie automatiquement le type de données contenues dans votre tableau (s’il y avait une erreur vous pourriez modifier cette proposition… je n’ai jamais constaté d’erreur) :

Carte8

L’interface s’affiche ainsi, et en cliquant sur vos données (ici « Décès 1975 ») le logiciel vous propose plusieurs représentations possible, identifiées ici par trois symboles, chacun correspondant à un type de carte différent : en points, en cercles ou en « modèle de gravitation de Huff » :

Carte9Il suffit de cliquer sur l’un des symboles pour afficher la carte. Pour revenir à l’étape précédente, vous devrez cliquer sur le bouton « CARTO » (en vert, en haut à droite) et sélectionner un autre type de carte.

Voici les trois types appliqués aux données de décès utilisées ici :

AnimQuantite2Une fois que vous aurez choisi le type de carte qui vous convient le mieux, vous pourrez l’enregistrer en cliquant sur l’onglet « Carte » dans la barre d’outil. Trois formats vous sont proposés :

  •  .EMF : Enhanced Metafile qui est un format d’image Windows (voir ici)
  •  .AI : Adobe illustrato artwork qui est un format de représentation vectorielle développé par Adobe (voir ici)
  •  .SVG : Scalable Vector Graphics autre format vectoriel (voir ici)

Vous devrez tester ces trois formats pour vérifier quels sont les logiciels dont vous disposez pour pouvoir les ouvrir… Notez par ailleurs que vous disposez aussi de l’option « Copier la carte » qui vous permettra, par exemple, de copier directement votre carte dans votre traitement de texte ou dans votre logiciel de présentation.

Par un petit jeu de montage, de rognage, d’ajout de texte etc. vous pourrez ensuite modifier une carte y ajouter un titre etc. pour vos exposés, mémoires, articles ou… vos billets de blog :
Décès-Population_1975

Créer une carte avec Philcarto : 2 – taux

La procédure pour réaliser une carte de taux est exactement la même que pour les quantités. Notez simplement que les types de cartes qui vous seront proposés seront forcément différents…

Philcarto_TauxIci encore, ce sont les mêmes données qui sont représentées de façon différentes. En revanche, ce qui chance ce n’est pas le type de carte mais la méthode de discrétisation.

La méthode Q6 correspond, par exemple, à une :

« Discrétisation selon les quartiles avec isolement des queues de la distribution par définition de deux classes extrêmes. Les 6 classes sont définies avec les bornes suivantes : minimum, percentile 5, 1er quartile, médiane, 3e quartile, percentile 95, maximum. Cette discrétisation permet de séparer 5% des unités spatiales ayant les valeurs les plus petites, et 5% les plus grandes. » (source)

(Voir le doc de granit n°1, p. 73-74 ici pour les explications concernant chaque méthode).

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J’espère vous en avoir convaincu, la prise en main de Philcarto est très simple pour des représentations de base, mais comme je vous l’indiquais plus haut, Philcarto permet d’aller beaucoup plus loin en représentation cartographique de données statistiques. À vous de jouer maintenant !

« Les grand corpus en ligne changeront-ils la boîte à outils de l’historien.ne ? » par Claire Lemercier

Un bref billet pour vous signaler la mise en ligne d’une intervention de Claire Lemercier au séminaire Data, digital methods and mapping social complexity intitulée :

« Les grand corpus en ligne changeront-ils la boîte à outils de l’historien.ne »
Résumé : « Cette intervention tentera de remettre en perspective les changements en cours, liés à la numérisation massive de corpus variés, avec la première période d’âge d’or proclamé de la quantification en histoire et dans les humanités, aujourd’hui souvent oubliée. Cet âge d’or avait été suivi d’un rejet assez massif et n’avait pas réellement modifié la boîte à outils de la plupart des historien.ne.s. Peut-il en aller autrement aujourd’hui, et à quelles conditions ? Quelques pistes seront présentées à partir d’une expérience de chercheuse ayant parfois sollicité de grands corpus, et de formatrice ayant souvent accompagné des collègues ou étudiants dans une réflexion à ce sujet. Le propos sera ancré dans les spécificités de l’histoire comme communauté disciplinaire, mais pensé pour appeler réponses ou comparaisons de la part de spécialistes d’autres disciplines, notamment de la littérature ou de l’informatique. » (source)



Claire Lemercier: « Les grand corpus en ligne… par ENSCI